agrandir le texte diminuer le texte

Accès direct au contenu

UFR Temps et Territoires Portails : www - étudiants - personnels UFR Temps et Territoires

Vous êtes ici : fr > Formations > Licences > 2017 - 2018 - S5 - CM - Institutions et acteurs des territoires urbains

2017 - 2018 - S5 - CM - Institutions et acteurs des territoires urbains

 
UE B Cadres institutionnels de l'urbanisme
3 BAVB015
Enseignant
Paul BOINO
Professeur d’urbanisme et d’aménagement
Université de Lyon
Université Lyon 2
UMR 5206 Triangle

Objectifs
Ce cours se fonde sur trois postulats.
1. Les collectivités territoriales ne peuvent être comprises en soi et pour soi. Elles participent d’un système politico-administratif qui structure leur agenda, oriente leurs actions et encadre jusqu’à l’usage de leurs moyens financiers propres. C’est ce système politico-administratif allant de l’Union européenne à la Commune, en passant par l’État, les Régions, les Départements et les structures intercommunales qui a en charge l’aménagement, le développement et la gestion des territoires. Il doit être appréhendé en tant que tel pour être correctement saisi.
2. Le système politico-administratif se déploie dans des contextes économiques, politiques, sociaux mais aussi intellectuels qui ne sont ni des cadres inertes au sein desquels les politiques publiques se déploient, ni des champs informes que l’action publique modèle à sa guise. S’il est exact que la puissance publique influe sur les dynamiques sociales, économiques ou encore politiques, voire les mouvements d’idées, il est vrai également que ces dynamiques structurent en retour la puissance publique : son organisation, son action et son évolution. Comprendre la puissance publique, y compris, voire surtout, en matière de gestion et de développement des territoires, passe nécessairement par la prise en compte des dynamiques économiques et sociales qu’elle tente de réguler et qui la structurent en retour.
3. Le système politico-administratif ne constitue pas un tout homogène parfaitement cohérent. Centre de pouvoir, il est aussi enjeu de pouvoir, de luttes mais aussi de compromis entre groupes plus ou moins radicalement opposés. Prendre en compte ces conflits et les accords nécessairement imparfaits qui en ont résulté permet de comprendre la complexité du système politico-administratif actuel, y compris dans ce qu’il a de plus baroque. Cela permet aussi d’apprécier les espaces de tension où se sont focalisés hier et se focalisent aujourd’hui les enjeux autour de sa constante réforme.
Sur ces bases, ce cours a fait le choix didactique d’adopter un plan non pas thématique (évolution du rôle de l’État, transformation des techniques de gouvernement, permanence et transformation de l’encadrement territorial, etc.) mais un plan diachronique afin de permettre aux étudiants de mieux appréhender le caractère dynamique du système politico-administratif, ses ajustements successifs aux changement de contexte économique, politique, et sociale, ainsi que les tensions et les compromis par essence imparfaits qui l’ont façonné.
Outre ces connaissances socio-historiques sur les fondements, l’évolution et l’organisation du système politico-administratif français, l’objectif de cet enseignement est aussi d’exposer aux étudiants différentes grilles d’analyse permettant de comprendre plus finement ses modes d’organisation et ses modes d’action.
Le dernier objectif de cet enseignement est de proposer aux étudiants une première compréhension de notions fondamentales en sciences sociales que sont, notamment, les politiques publiques, l’action publique, la bureaucratie, la rationalisation, l’État de droit, la délibération, la citoyenneté, ou encore la représentation.
Ce cours est complété par un programme de lectures obligatoires à effectuer d’une séance à l’autre.

Modalités pédagogiques

Cours magistral

Plan du cours

Introduction

Séance 1 : Le système politico-administratif français : fonctions, organisation, fonctionnement.

1ère partie : Fondements des régimes représentatifs
Séance 2 : Genèse de l’État : centralité, verticalité, territorialité et personnalité du pouvoir politique.
Séance 3 : La révolution atlantique : réforme du rôle, de la structuration et du fonctionnement de l’État.

2eme partie : Le jacobinisme apprivoisé
Séance 4 : Expansion du domaine public
Séance 5 : Rationalisation de l’action publique
Séance 6 : La régulation croisée d’un système centralisé

3eme partie : L’État partenaire
Séance 7 : Territorialisation de l’action publique
Séance 8 : Du plan au contrat
Séance 9 : De l’État régulateur à l’État manageur

4eme partie :
Le gouvernement à distance
Séance 10 : Restaurer la verticalité du pouvoir
Séance 11 : Restructurer le système politico-administratif
Séance 12 : Le retour du plan ?

Mode d’évaluation

Devoir individuel sur table de 1h45 portant pour moitié sur des questions de cours ; pour autre moitié sur les lectures données à la fin de chaque séance.

Lectures obligatoires

Lecture introductive à la deuxième séance

http://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_2000_num_13_49_1075
TILLY Ch., 2000, « La guerre et la construction de l’Etat en tant que crime organisé », pp. 97-117, Politix, vol. 13, n°49, premier trimestre 2000, pp. 97-117

Lecture introductive à la troisième séance
http://classiques.uqac.ca/contemporains/dupuis_deri_francis/esprit_anti_democratique/esprit_anti_democratique.html
DUPUIS-DÉRI F., 1999, « L’esprit anti-démocratique des fondateurs de la « démocratie » moderne » pp. 95-113, Agone n°22

Lecture introductive à la quatrième séance
http://www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1990_num_8_40_1747
ROSANVALLON P., 1990, « Administration, politique et société́ » pp. 49-70, Réseaux, vol. 8, n°40, Editions Le Seuil.

Lecture introductive à la cinquième séance
http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1989_num_39_3_411463
GAUDIN J.-P., 1989, « La genèse de l'urbanisme de plan et la question de la modernisation politique » pp. 296-312, Revue française de science politique, 39e année, n°3, 1989. pp. 296-313.

Lecture introductive à la sixième séance
http://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1975_num_16_1_5771
CROZIER M. et THOENIG J.-C., 1975, « La régulation des systèmes organisés complexes. Le cas du système de décision politico-administratif local en France » pp. 3-32, Revue française de sociologie, 1975, 16-1.

Lecture introductive à la septième séance
http://www.revue-pouvoirs.fr/La-decentralisation-dix-ans-apres.html
THOENIG J.-C., 1992, « La décentralisation, dix ans après » pp. 5-16, Pouvoirs n°60 - La décentralisation

Lecture introductive à la huitième séance
http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1995_num_45_1_403502
LE GALÈS P., 1995, « Du gouvernement des villes à la gouvernance urbaine » pp. 57-95 Revue française de science politique, 45ᵉ année, n°1,

Lecture introductive à la neuvième séance
http://metropoles.revues.org/3583
GENESTIER G., JOUVE B., BOINO P., 2008, « L’aménagement urbain et territorial, entre postkeynésianisme et néo-keynésianisme », Métropoles n° 4

Lecture introductive à la dixième séance
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00130034/
EPSTIEN R, 2005, « Gouverner à distance : quand l’Etat se retire des territoires », pp. 96-111 Revue Esprit n°11

Lecture introductive à la onzième séance
http://www.wikiterritorial.cnfpt.fr/xwiki/bin/view/LesMetropoles/Desmetropolesingouvernablesauxmetropolesoligarchiques
PINSON G., 2010, « Des métropoles ingouvernables aux métropoles oligarchiques », pp. 65-69, Revues d’études et de prospectives n°1 : Territoire 2040, aménager le changement, Paris, DATAR, la documentation française,

Lecture introductive à la douzième séance

https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=GEN_054_0090
TISSOT S., 2004, « Identifier ou décrire les « quartiers sensibles » ? Le recours aux indicateurs statistiques dans la politique de la ville » pp. 90-111, Genèses n°54

Pour aller plus loin
Bernstein S. et Winock M., 2003, L'invention de la démocratie, 1789-1914, Le Seuil, « L'univers historique », 528 p.
Boino P. et Desjardins X (dir.), 2009, Intercommunalité : politique et territoire, Paris, La documentation française, 213 p.
Bourdieu P., 1993, « Esprits d’État. Genèse et structure du champ bureaucratique », Actes de la recherche en sciences sociales, n°96/97, pp. 49-62.
Burdeau G., 2009, L’Etat, Paris, Editions du Seuil, « Points essais », 224 p.
Contamine Ph. (dir.), 1998, Les origines de l’Etat moderne en Europe. Guerre et concurrence entre les États européens du XIVe au XVIIIe siècle, Paris, PUF, 440 p.
Elias N., 1994, La dynamique de l'Occident, Paris, Calmann-Lévy, 336 p.
Le Saout R. et Madoré F. (dir.), 2004, Les effets de l’intercommunalité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 224 p.
Manin P., 1995, Principes du gouvernement représentatif, Paris, Calmann-Lévy, 319 p.
Némery J.C, 2003, Décentralisation et intercommunalité en France, Paris, L’Harmattan, 142 p.
Némery J.C. et Wachter S. (dir), 1994, Gouverner les territoires, La Tour d’Aigues, DATAR - Les éditions de l’Aube, 206 p.
Ozouf-Marignier M.V., 1992, La formation des départements français, Paris, Editions de l’EHESS, 359 p.
Picq J., 2009, Une histoire de l’Etat en Europe : pouvoir, justice et droit du Moyen-âge à nos jours, Paris, Presses de Science Po., 611 p.
Rimbault Ch., Verpeaux M., Waserman F., 2017, Les collectivités territoriales et la décentralisation, Paris, La documentation française, 208 p.
Rosanvallon P., 1993, L'État en France de 1789 à nos jours, Paris, Le Seuil, coll. « Points », 367 p.

mise à jour le 15 novembre 2017


Université Lumière Lyon 2